De Google à Alphabet, l’ex start-up va-t-elle devenir ambidextre ?

380578681_8ed606f7b0_oDans cette nouvelle interview accordée à Atlantico, le but était naturellement de battre en brèche une opinion fausse, celle d’un Google tentant d’échapper aux foudres des règlementations de la concurrence. L’avis du juriste Rubin Sfadj donnée à Telerama est sur ce point bien plus pertinent que le mien.

Un autre but était aussi de rappeler qu’en terme d’organisation la croissance de Google n’échappe pas aux problèmes traditionnels des entreprises et à ceux de leurs évolutions. La divisionnalisation telle que décrite par Chandler était le référent le plus simple, j’aurais pu aussi m’en référer à la théorie de Lawrence & Lorsch  qui reste qui moi l’argument le plus fondamental en matière d’organisations : quand elles croissent, elle doivent se différencier pour s’adapter à un l’environnement qui s’étend  et se complexifie, c’est le phénomène de la départementalisation, et à une autre échelle celui de la multi-divisionnalisation.  Simultanément le fait de se différencier menace l’intégrité de l’organisation et nécessite un effort supplémentaire d’intégration, sinon le risque que d’un département à l’autre de degré de centralisation, de formalisation, l’horizon temporelle risquent de varier de telles manière à ce que les équipes ne se comprennent plus ( par exemple à mesure que l’entreprise grandit les gens de la production rationalisent et se tourne vers une efficacité opérationnelle à cours terme tandis que ceux de la recherche conçoivent des projets de plus long terme et adoptent des modes de management par projets). L’intégration est l’ensemble des dispositifs qui vont permettre aux unités de fonctionner de concert.

Dans le cas d’Alphabet le choix d’une structure légère, une holding à la Hattaway- Berkshire qui semble inspirer leur dirigeants, risque d’ailleurs à l’avenir de faire peser une menace, l’intégration ne serait que financière, et peut menacer l’intégrité de la compétence stratégique principale qui est celle de la gestion des données, le big data.

J’aurais cependant pu aussi même l’accent sur un argument qui est esquissé sans que je ne le désigne précisément : l’organisation Alphabet peut être considérée comme le moyen de créer un groupe ambidextre, capable autant d’améliorer l’efficacité opérationnelle que son aptitude à conduire des innovation radicales. Explorer et exploiter simultanément son environnement.

On pourra discuter de la pertinence des choix, c’est à dire des moyens, qui sont encore à venir en matière de structure pour réaliser cet objectif. Mais il faudra reconnaitre au dirigeants une bonne intelligence de l’environnement, la taille et la puissance ne les aveugle pas au point d’oublier que pour échapper à la pression des rivaux il faudra continuer à être meilleurs qu’eux et ouvrir de nouveaux espaces de marché.

Crédit photo : Chrissy Wainwright