Transformation digitale : la finalité et le détail

CXbSd3uWsAAYCrEL’invocation de la transformation digitale, la danse rituelle autour du big data, le culte de l’uberisation, ne feront pas tomber la pluie. Il n’y a pas de magie dans ces mots.

C’est dans le détail que les choses se font et dans la finalité. Pour les plateformes il s’agit des qualités des populations  qui y participent et de leurs interactions. Les populations sont à la fois consommatrice et productrice, elles sont par la vertu du crowd-sourcing la ressource principale. C’est en fait le problème de la boîte de nuit : composer un public car c’est le public qui fait sa valeur. Le physionomiste joue un rôle essentiel : un bon équilibre d’hommes et de femmes, de stars et de fans, d’excentriques, de dandies, de mauvais garçons, va faire le succès.

La finalité est donc d’obtenir de bonnes conduites et les bonnes interactions, cependant le problème des plateformes est très contingent. Les quelques cas de la présentation en présentent différente facettes. Avec le cas du dating c’est un prolonger l’interaction se pense en terme d’appariement : accorder les gens selon leurs préférences sachant que maximiser la probabilité des rencontres abouties est la clé de la valeur. C’est l’objet des algorithmes de matching. Le cas de Facebook est intéressant pour le problème éthique et cette nécessité d’engager plus fortement les membres pour valoriser le prix de la publicité. Le cas Flickr est passionnant comme exemple simple de la valorisation d’un corpus par la génération automatique de metadata sous la forme de tags et via les ressource du deep learning. L’analyse de données de blablacar met en relief le rôle des norme de réciprocité qui contribuent aux mécanismes de confiance. Le cas du surge pricing  d’Uber illustre à la fois la question cruciale de la légitimité, et l’efficacité d’un systèmes de marché simulé ( car le mécanisme de marché est produit, calculé, simulé, par les algorithmes et non par le tatonnement des acteurs du marché).

La transformation digitale n’est pas une nécessité générale, elle est la mise en place imaginative de dispositifs qui vise à créer de la valeur avec et dans les populations. La logique de plateforme est celle de la gouvernementalité, mettre en oeuvre,  via l’algorithme, les policies, les incitations, les capacitations nécessaires pour obtenir la conduite souhaitée : un pilotage sur,  un engagement élevé, le sens de la réciprocité, l’amabilité, l’honnêteté.

Il reste à la technique d’être le juste reflet de l’imagination collective, de porter de manière précise sur des éléments de détail, un effort déterminé pour les résoudre efficacement.  Ce qui distingue les plateformes qui réussissent est sans doute l’effort persistant et continu d’ajustement des fonctions et des interfaces, mais aussi le soin apporté au détail.


(préparé pour #DMCandFriends )