Sur Canal U , aux journées nationales du Management, le 13 novembre . Il y en a pour 79 minutes. C’est la suite du papier publié dans économie et management (n°168, juin 2018) ” méthamorphose digitale du marketing”, un complément. Les slides sont disponibles ici.
Étiquette : Personnalisation
Intimités digitales : là où on est.
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Nota : juste le point de départ du séminaire du 27 juin à l’ISCC. Merci Thomas.
Au fil du feed : paper.li
A lire aussi
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- ATM 15 sept 2009 : du Mash up dans la distribution.
Work in progress : CRM à l’heure digitale
Voici un document de travail, l’esquisse d’un chapitre pour un ouvrage coordonnée par Thomas Stenger pour Dunod. Le développement d’un certain nombre d’idées qui serpentent dans ce blog.
Celle que l’information est produite plus que nous ne pouvons la traiter, que des processus psycho-sociaux font de cet espace un espace privé plus que public, que le prix de l’adaptation est celui d’une perte de vie privée, que les systèmes locaux favorisent les dynamique locale, microlocale. Qu’au delà des communautés c’est de les faire vivre en de petites sociétés qui est nécessaire.Quelque idées à tester, en cours de mise en forme, et pour lesquelles vos commentaires sont bienvenus.
Impressions numériques…Le document est un média
Certaines technologies sont discrètes mais essentielles. Dans l’univers du marketing, l’impression numérique est sans doute la technologie qui a et qui aura le plus d’importance dans les pratiques. Permettant les petits tirages, et facilitant la personnalisation des documents, à des échelles de plus en plus vastes, plus que l’internet ce sont ces outils qui permettent les pratiques actuelles de marketing direct.
CRM05 : Personnalisation
La personnalisation s’inscrit dans les stratégies marketing orientées client comme un levier opérationnel à part entière.
Grâce aux technologies de l’information les prix et la qualité des services peuvent être variés avec une grande finesse pour optimiser la rentabilité de l’entreprise. trois aspects principaux sont étudiés dans ce chapitre.
- Sur mesure de masse et personnalisation: designà la demande.
- La confection des bouquets : marketing de solution
- La personnalisation des prix : product bundle, abonnement, PWYW, PWYG, yield-management, enchère, freemium , smart pricing- nous assistons aussi à une explosion des méthodes de détermination et de présentation des prix. A l’ère du client et du digital, les fonction de demande deviennent individuelle.
Support du cours
Cas et documents
- Quelque sites et blogs entièrement consacrés à la personnalisation de masse : Masscustomization.de .Une revue est disponible : International Journal of Mass customization.
- Dans le domaine du tourisme un dossier de espace ;
Références
Etudes de cas
crédit photo
La compétition par la fragmentation
Espace client - l’espace oublié

Et pourtant les espaces clients présentent des caractères assez remarquables. Le premier d’entre eux est dans le concept même : des boutiques sur-mesure, des espaces privatifs, construits à l’intérieur même de l’espace des sites web. Dans le domaine marchand on a rarement connu ce type d’expérience, les loges au théâtre ou au stade, les salons privés de certains restaurants (allez-voir donc voir les restaurants chinois - les vrais !).
Il faut souligner l’importance de ce fait : imagine-t-on disposer chez son banquier d’un bureau où l’on peut inviter son conseiller? Imagine-t-on que chaque boutique soit construite aux désidérata de ses clients ? C’est à cela que correspond l’espace client. Un salon personnel qu’il use à la mesure de ses besoins. L’intime en est l’essence. Un espace que l’on contrôle, qui nous est réservé. Il manque naturellement à la plupart des espaces clients la possibilité d’être personnalisé. On ne peut encore y amener ses fleurs et ses tableaux, et aucun à ma connaissance ne permet d’y faire entrer des invités.
L’original du dispositif est à la hauteur de son ignorance et de sa généralité. A l’heure où les réseaux sociaux préoccupent les acteurs, nous sommes étonnés que la plus grande innovation commerciale du net fasse l’objet d’aussi peu d’intérêt.
Et pourtant. Toutes les entreprises ont créé ces espaces. L’intuition des managers est plus forte que les théories. Tous croient qu’il est indispensables de construire pour ses clients des boutiques personnelles où ils peuvent exercer leur faculté de contrôle, éprouver une certaine autonomie, gérer un monde au-dedans d’un monde plus vaste.
Soyons très clair, le véritable enjeu d’un commerce numérique n’est pas dans les réseaux sociaux, mais dans la capacité à fournir de tels espaces, le consommateur majeur ne cherche pas à partager mais à s’approprier sa consommation. Et ces espaces en sont un des moyens privilégiés. Ils sont le lieu où se négocie la relation, celui où se règle la consommation, cet espace où l’on contrôle nos relations commerciales.
Son accès, sa gestion, son appropriation, posent des questions fondamentales. Dès lors qu’on prend conscience de leur généralité et de leur importance, nous pouvons comprendre aisément qu’ils sont cette chose qui fait la matière de la relation. Les espaces clients sont à la relation ce que la chambre est à l’amour.
Il serait triste de ne pas y penser.
Un marketing de la simplicité
Le simple est ce qui varie de l’idiotie à l’évidence d’une compréhension immédiate. Le simple est avant tout une économie, une économie de pensée et de sentiment – le simple est heureux et ça lui suffit. Le simple c’est de n’user quand la tâche se présente, que ce dont on dispose sans faire d’excessifs efforts. Autant dire que le simple n’est pas un absolu, mais un relatif radical. Il n’y a pas d’originalité dans le concept. Le bon vieux modèle TAM, maintenant infiniment ressassé, en exprime l’essentiel : ce qui compte c’est la facilité d’utilisation et cette facilité d’utilisation c’est le simple. La réduction radicale des efforts nécessaires pour user d’un bien ou d’un service. C’est bien ce principe que poursuivent avec succès Apple ou Nintendo.
Soyons plus nuancé, le simple est la réduction de tout effort supplémentaire au regard de ce que l’on est en mesure de faire. L’économie est celle de l’effort additionnel. L’ambiguïté est que le simple se définit par rapport aux ressources dont on dispose et dans la vie, l’inégalité étant bien dominante, le simple est une affaire bien compliquée. Faire simple c’est donc trouver une solution qui fasse qu’en dépit des différences de ressources, chacun ne se sente pas la nécessité d’y engager plus qu’il ne possède. Alors faisons minimal, mais ce minimal peut heurter ceux qui sont dotés de talents, le simple pourrait devenir idiot, indigent, simpliste. Je ne connais pas de DJ qui se contentent d’un simple variateur de volume, ou de pilotes qui renoncent au passage des vitesses.
Mais le simple est aussi affaire de morale. Il s’oppose à l’ambition, à la perversité, au dispendieux, il est cette éthique qui parfois devient ascétique. Le simple est une modestie, cette règle qui impose que la qualité ne doit pas se dire, et parfois ne même pas s’affirmer. Le simple marche nu-pied quitte à passer pour un rustre. Bien plus que moral, le simple est politique, et dans son dépouillement il délégitime ceux qui font de leurs ors les symboles de la puissance.
Les produits simples ne sont pas toujours ceux qui nous suffisent, mais ceux que l’on consomme pour contester à d’autres une certaine hégémonie. Le marketing de la simplicité peut aussi être la morale de Port-Royal. Un renoncement à l’amour d’ici bas pour l’improbable éblouissement de l’au-delà. Le simple peut dissimuler des intentions tortueuses, et son économie fonde une radicale contestation. Le simple fonde dans sa pauvreté une alternative au discours de la souveraineté. Mais le simple peut être aussi un fou. N’est-ce pas cette sorte de stratégie que poursuit Innocent?
Le simple enfin est une esthétique. Ce minimalisme abstrait qui s’oppose aux désirs baroques, un monisme qui répond au panthéisme ambiant, un naturel qui défie l’artifice, cette idée que le monde peut se réduire à un principe si profond, qu’il est l’essence du monde comme un trait est l’essence de la peinture. Le simple, oui, est aussi un essentialisme. Au pire le rasoir d’Occam. Un classicisme qui épure le corps de ses rides, de ses fronces, de ses bijoux, de ses fards. Bref l’esthétique galbée des années 70 contre les floraisons des années 60, l’épure de Mondrian qui balaie les fauvismes, je laisse aux amateurs d’arts le soin de poursuivre.
Le simple donc n’est pas si simple, moins qu’une vertu, il est une position politique. Et si certains militent pour un marketing de la simplicité, encourageons-les à en comprendre les raisons du succès. En cette fin de la troisième globalisation, et de son troisième effondrement, on comprend que les foules sont prêtes à lyncher leurs dirigeants, ne se reconnaissent plus dans le désordre du monde, et veulent rappeler que les simples ce sont elles.
Le marketing de la simplicité n’est pas une vérité, mais un moment. Un appel de consommateurs désemparés, dominés, écrasés, à ce que les maîtres leur produisent des objets qui leurs conviennent. Des objets qu’ils puissent utiliser, des objets qui les reconnaissent, des objets qui leur disent qu’ils ne sont plus les victimes de la bagarres des dieux, mais des hommes et des femmes qui vivent sans ambitions plus grandes que celle de parcourir leurs vallées et de boire librement l’eau de leur ruisseaux.
Comprenons bien ce message, la simplicité qui semble être demandée n’est pas une économie, n’est pas un ascétisme, ni un minimalisme. Elle est juste d’obtenir ce que l’on croit être juste d’obtenir.
Retargeting : l’art de rentrer par les fenêtres
La technique plus sophistiquée. Pour un aperçu, on jettera un coup d’oeil ici . Il semble que la technique soit sous-utilisée , même si elle produit apparemment des résultats remarquables . En france, il semblerait que ce soit critéo qui en offre un des meilleurs outil .
Dans le principe, la technique est parfaitement convaincante, de même que les vieilles techniques de réactivation des clients, elle s’appuie sur l’idée que l’hésitation permet de cibler des prospects pas encore tièdes pour pouvoir craquer si on leur force la main. Un bel exemple de ciblage comportemental qui s’appuie sur un critère simple et fort : l’envie ne résiste pas à une seconde tentation, et il y tant de processus d’achat abandonnés qu’il faut de tenter de les rattraper.
Mais quelques questions : qu’en est-il du respect de la vie privée, des données personnelles? Quel effet à long terme de la vente forcée? Le débat est ouvert. Sans aucun doute, c’est ce type de technique marketing qui va crisper la société, et conduire les hommes politiques à mettre une main noire et liberticide sur la libre circulation de l’information. Mais plus important encore, se pose la question des résistances des consommateurs à ces nouvelles actions. Dans le jeu du glaive et du bouclier, attendons nous à de nombreuses innovations.
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credit photo : jef safi ( encore et toujours lui!)








