Réseaux sociaux : qu’y fait-on? Pourquoi on les fréquente?

Que fait-on sur les réseaux sociaux? Quels bénéfices y trouve-on? Quelles gratifications y obtient-on? Les fréquente-t-on parce qu’ils  nous donnent des opportunités ou parce qu’ils noient l’ennui? Y va-t-on parce qu’on est malheureux ou parce qu’on est heureux ?

A vrai dire on en sait assez peu. L’étude Wave est sans doute la plus étendue par le nombre des nations qu’elle étudie, mais peut être pas totalement convaincante sur sa méthodologie. L’univers académique néglige cette question pratique préférant des thèses plus audacieuses, ou l’étude de comportements déviants ou périphérique. Et d’ailleurs ce serait bien de l’analyser systématiquement nous savoir quelles dispositions elle met en évidence.

Un jeu de données produit par une des mes étudiantes de master va nous permettre d’aborder la question au moins sur le plan de la méthode. Son jeu de donnée (260 individus) est représentatif du cercle social d’une étudiante franco- russe qui aura recueilli dans une population majoritairement jeune et étudiante les réponses à trois questions :

  1. Quels sont les réseaux que les gens utilisent  et avec quelle fréquence ?
  2. Quelles y sont leurs activités et les gratifications qu’ils en retirent : une batterie de 36 items est exploitée à cette fin
  3. Etes-vous heureux dans la vie ? C’est une approche du concept de Customer Well Being qui semble recueillir un intérêt de plus en plus grand dans la littérature académique.

L’approche ici reste descriptive. Le plus c’est de segmenter sur une base très traditionnelle, mais fondamentale, quels sont les avanatges que recherche les utilisateurs de réseaux sociaux dans l’usage de ces réseaux? La question subsidiaire c’est de comprendre comment ces usages sont liés à leur qualité de vie.

Commençons par le début et par l’analyse des réseaux qu’ils emploient. deux critères sont mis en avant, le sexe et la nationalité. L’un reflète un ordre social qui se perpetue dans la construction du genre, l’autre au moins une différence culturelle façonné par l’histoire, les conditions économiques et sociales. En deux graphiques on y observe qu’il y a peu de différence de genre, mais des spécificités nationales importantes. Si Facebook est dominant en france, c’est vcontack qui semble exploiter la même niche en russie.

Une analyse complémentaire

 

Atelier doctoral : r pour la recherche en sciences sociales

L’objectif de l’atelier, organisé dans le cadre des enseignement de l’ED EOS,  est la prise en main de r au travers de l’interface graphique Rcmdr et de Rstudio et de découvrir la communauté r et ses ressources en 4 séances de 3 heures et quatre cas : décrire, expliquer, modéliser, traiter du texte.

Public visé et pré requis : Doctorants et autres chercheurs. Connaissance des tests statistiques et autres statistiques élémentaires. Une habitude de SAS ou SPSS fera du bien. Les participants doivent installer Rstudio au préalable. Rcommander servira d’interface pour démarrer et doit être le premier package (Rcmdr) à installer au préalable.

Calendrier de la formation (période de l’année): 11 et 12 septembre 2017 (9h30-12h30 : 13h30-16h30)

Lieu : UPOND (bât .A 3ème étage 304)

Inscription : envoyer un CV à christophe.benavent@parisnanterre.fr avant le 5 septembre 2017. – nombre maxi d’inscrits : 15.

Programme et durée

  • 1 : l’environnement r: communauté, packages, langage et prise en main  avec Rcmdr. Comparaison de moyennes, corrélation, classification automatique. Le cas de la segmentation par avantage du textile est employé. (Description)
  • 2 : régression avec r: des MCOs au modèle linéaire généralisé (Logit, Poisson, etc. Un peu de série chronologique avec le cas des retards de TGV sur la base des données open data de la Sncf. (timeseries)
  • 3 : analyses factorielles, échelles et équations structurelles avec Psych et Lavaan : le cas de l’analyse des effets du privacy concern sur le projet selfdata de la fing. (psychometrie)
  • 4 :analyse lexicale avec R.Temis , tm et éléments de text mining. Le cas de l’analyse de topic d’un flux de tweets. (lexicométrie)

ECTS : la participation au séminaire donne droit à 1.5 ECTS

Ressources :

  •  r blogger : un meta blog centré sur r , très riche en exemple et application.
  •  StackOverflow : plateforme de Q&A pour les développeurs, r y est fréquemment mis en question
  • PS : un cours similaire est donné dans le cadre du Master Management de l’innovation GDO/MOPP.
  • La doc de ggplot2, le package des graphiques élégants.

Crédit Photo : comme souvent l’excellent Jeff Safi

Que fait-on sur les réseaux sociaux ? ( Cours Veille et Intelligence marketing)

IMG_0359Un cours et un projet

Le cours est organisé autour d’un projet d’étude par questionnaires des pratiques des réseaux sociaux :

Quatre questions génériques :

  1. Quelles sont les réseaux que vous utilisez ?
  2. Qu’allez-vous y chercher ? Quels avantages ? Quels bénéfices ?
  3. Que dévoilez-vous de vous?
  4. Comment vous protégez vous ?

Processus d’étude

  1. Pour chacune des questions, génération de plusieurs dizaines de propositions d’items
  2. Sélection et reformulation
  3. Pré-test : le questionnaire est ici
  4. Sélection et additions
  5. Premier  recueil de données ( jeunes de 18 à 28 ans – 300 personnes)
  6. Premières analyses : analyses factorielles et typologies
  7. Reformulation des échelles
  8. Second recueil avec sponsors ( échantillon représentatif)

Ressources

L’inspiration de départ vient de l’étude UM  Wave.

Pour l’analyse avec r :

  • Pour la méthode iclust

Fringues, une question de regard – une courte étude

hawai1950Le burkini est avant tout une marque et le fait du marketing dans la globalisation. Avant tout, car c’est la l’invention d’une entreprise et non d’un mouvement religieux. Un marketing au pied de la lettre qui tente de satisfaire une attente d’un segment ou de plusieurs segments de consommatrices. Pas seulement celui des musulmanes mais de toutes celles (naturellement seules les femmes sont concernées) dont les normes sociales auxquelles elles adhèrent contiennent une modalité particulière de la pudeur – ne pas laisser apparaitre en public ce qui relève de l’intimité – mais aussi la revendication d’une forme de modernité  : un vêtement spécifique pour le bain en opposition à la tradition – se baigner habillée, comme le font les indiennes, ou pour des raisons de teint de peau comme le font les chinoises.

Les marques sont des signes et le vêtement est en grande partie ostentatoire. S’il présente des attributs fonctionnels (le confort, la facilité d’entretien .. ), il en comporte d’autres associés à des dimensions plus symbolique et identitaires. S’habiller c’est dire ce qu’on est.

Voilà qui m’a rappelé que je possédais un petit jeu de donnée constitué par des étudiants dans les années 2005 avec une enquête portant sur l’univers des marques surfs. Une belle occasion pour revisiter ces données avec une technique ancienne mais négligée qui s’adaptent parfaitement à nos données : en particulier une batterie de plus de 35 critères de décision de choix d’un vêtement (Slide 2) correspondant parfaitement à la notion d’avantage recherché. C’était aussi l’occasion de faire tester une vieille technique d’analyse, rarement employée en marketing, mais particulièrement utile pour traiter ce type de données : la fonction Iclust du package r Psych. le but sera d’identifier les avantages recherchés, de les construire et d’en tirer un modèle de benefit segmentation.

A la segmentation par avantage recherché on ajoutera l’étude d’une autre question portant sur les situations d’usage : porter le vêtement à  l’école ou à la campagne, pour faire les courses ou aller au travail… Ce sera l’occasion de revisiter la question du positionnement des marques (slide 7) et de leur écologie (slide 8).

La méthode Iclust est une variante de méthodes de classification hiérarchique ascendantes destinée à classer non pas les individus mais les variables. Elle permet de  mieux comprendre comment les catégories de jugements se forment et se généralisent. C’est William Revelle, l’un des principaux contributeur du package Psych de r, et un des meilleurs spécialistes de psychométrie, en est son inventeur. La mesure de similarité s’appuie sur  des critères de fiabilité. Deux réponses seront associées si le coefficient alpha de Cronbach , ou une variante -le coefficient beta –  propre à l’auteur – défini comme le plus mauvais split-half test du groupe d’items- est maximisé. Son intérêt réside dans l’identification de sous-échelles parmi un large ensemble d’items.

Passons au concret. Les données que l’on traitent d’abord (slide 2) sont une liste de critères de choix. Le résultat se présente sous la forme d’un arbre de regroupement (S3). Après quelques tâtonnements la meilleure solution s’avère comporter 9 groupes d’items, ou facteurs.

Ils se répartissent en trois groupes.  Le premier est constitué de critères fonctionnels :  la facilité à l’usage du vêtement et de son entretien, ainsi que son caractère économique. Un second à caractère hédonique est constitué d’un seul facteur : le confort du vêtement. Le troisièmes est relatif au rapport que l’on veut établir avec les autres : se conformer à la mode ou à l’avis du groupe de référence, échapper au regard des autres par la discrétion, se distinguer et exercer une certaine séduction. On apprendra à personne que le vêtement se définit essentiellement par le regard des autres même s’il est occulté.

A partir de cette analyse, 9 scores sont calculés en faisant la moyenne des items qui se rapportent aux traits latents, puis en calculant le poids relatifs de chacun des facteurs dans l’attention prêtée à l’ensemble de ces critères. Quatre grand profils sont identifiés, ils sont de poids égaux ( slide 4) égaux. Un quart des personnes interrogées ne prend en compte que les aspect fonctionnels et hédoniques : pratique et confortable. Les trois autres segments se définissent en fonction du rapport qu’ils établissent aux yeux des autres :

  • la discrétion où la stratégie de l’invisibilité
  • la stratégie du conformisme entre les modèles et l’entourage
  • la logique du standing et le principe du classique

Les 3/4 des consommateurs sont sensibles au vêtement dans la mesure où il permet de définir le rapport avec les autres : celui d’un inclusion mais parfois d’une exclusion, la distinction et le conformisme, et même échapper au regard. Les indifférents sont m’oins d’un quart.

Même méthode pour analyser les situations d’achat ( Slide 5 et 6).  On y découvre que deux types de situations se distinguent : le dehors et le dedans. On laisse au lecteur le soin d’interpréter les subdivisions plus fines. Elles se construisent aussi sur une dimension d’intimité. On les retrouve dans le biplot, où l’on situe les marques ( slide 7). Le slide suivant (slide 8) sous d’apparence d’un cladogramme donne l’arbre généalogique ou phénotypique des marques. On y retrouve des familles qui ont du sens.

Faut-il conclure ? S’habiller, ou se déshabiller, est un art. Le vêtement soit -il réduit à un tatouage, un tressage de cheveux, des colliers, ou se fait-il de mètres tissés, tâffetés, plissés, enroulés, robes de princesses ou tourbillons de voiles, est un langage. Il exprime le rapport que l’on veut établir aux autres mais aussi celui que l’on veut entretenir avec son corps. Si la liberté d’expression est un des premiers droits de l’homme et de la femme, le droit de se déshabiller ou de s’habiller est le droit fondamental de dire ce que l’on veut dire.

Plateformes : collectionner les papillons

NabokovCollaboratif, coopérativisme, collectif, on-demand, économie du partage, gig economy,  les termes se succèdent reflétant les idéaux utopiques, les rigueurs idéologiques, sans qu’on y voit plus clair dans un mouvement qui se singularise à la fois par le nombre, la diversité et la valeur (boursière).

Pour notre part, nous en restons à cette notion de plateforme qui souligne le trait principal de ces nouvelles organisations : elles coordonne de nombreuses micro-activités. On pourrait y ajouter au moins deux autres éléments : d’abord l’engagement dans le processus de production des biens ou des services de non-professionnels (crowsourcing) et d’une part de l’activité économique domestique rendue possible par la force de la coordination, ensuite l’importance de l’interaction entre des populations différentes qui représentent autant de versants de marchés distincts et nécessite des méthodes d’appariement que le mécanisme des prix n’assurent pas entièrement. On y ajoutera le rôle pivot des algorithmes ( plus que des données) qui orientent, disciplinent, motivent les acteurs au risque de déployer une politique propre.

Mais de tout cela, on en rediscutera quand le bouquin sera prêt à sortir (il est en cours de relecture). En attendant, la réflexion n’est pas close et il reste un chantier à finir, celui de construire, en naturaliste, une typologie qui rendent compte à la fois de l’unité de forme et de l’étendue des domaines exploité. Un travail d’entomologiste, recueillir les spécimens, les répertorier, les classer, les catégoriser. C’est au fond un travail de recherche qui n’est pas souvent entrepris, simplement car on présuppose en sciences de gestion une sorte de modèle unique de l’organisation, même si périodiquement de telles typologies apparaissent ( Pensons à celles de Mintzberg, ou celle de Miles et Snow). En voici l’embryon, une petite collection de papillons chassés sur la toile, bien incomplète, peu détaillée encore, un mémento qui aura servi dans la rédaction de l’ouvrage à confronter l’analyse au fait.

Les commentaires et suggestions sont bienvenues, pour préciser un détail ou discuter un point plus général, signaler les plateformes oubliées, ou critiquer une catégorie. En complément de la collection, le filet à papillon se trouve sur la page FB plateformes, ( à liker et partager sans modération) les news au fil de l’eau de la vie des plateformes et des réflexions qu’elles suscitent.

Crédit Photo : difficile de ne pas penser à Vladimir Nabokov….