L’économie du partage contre la propriété ancestrale

336526895_5b2e60b682_oIl y a dans l’idéologie de l’économie du partage une hypothèse guère tenable, celle d’un changement de rapport à la propriété. On serait moins intéressé par la possession que par l’usage, le lien plutôt que le bien. L’hypothèse est peu tenable pour au moins deux raisons. La première est qu’un tel changement est difficilement explicable dans un délai très court de quelques mois ou années si le sens de la propriété est un héritage évolutif. La seconde est que pour partager, il faut que quelqu’un possède et ne témoigne pas d’attachement à ses biens.

Pour analyser ce problème est est utile de revenir à un phénomène observé notamment par Thaller et qui se traduit par le fait qu’on accepte de vendre celui qu’on possède à 5 euros alors qu’on n’acceptera de donner par plus de trois euros pour en acquérir un (1) . La disparité entre le prix de réserve ( WTP : willingness to pay) et le prix de cession (WTA : willing to pay) traduit un effet de dotation (Endowment effect). Il se traduit par le fait qu’on tend à vendre plus cher les biens qu’on possède que le prix qu’on concède pour leur acquisition. D’un point de vue économique il s’explique par l’aversion au risque dans le cadre de la comptabilité mentale et de la théorie des prospectives. Elle se manifeste par ce que la dés-utilité engendrée par la cession d’un bien ou de son usage est plus grande que l’utilité apportée par son acquisition. Le vendeur vend plus cher que l’acheteur est prêt à payer.

Dans le cas de l’économie du partage cela devrait signifier que les transactions sont plutôt rares et résultent de l’hétérogénéité des WTP et WTA. A fortiori on peut s’interroger sur les structures d’architecture de marché qui rapprochent les deuendowmentx distributions et augmentent le marché potentiel. Dans le cas des marchés P2P, si cet effet est avérée, on fera l’hypothèse complémentaire que l’amorce de ces marché est effectivement constituée par les individus les moins affectés par cet effet de dotation. Les plus partageurs viennent en premier. C’est sans doute un facteur de décollage mais il risque ensuite d’être un facteur de ralentissement quand les populations plus attachées à leur biens devront être convaincues des vertus de cette économie.

D’autres auteurs contestent  l’explication par l’aversion au risque et introduisent des éléments normatifs et culturels. C’est le cas des travaux de  Carey K. Morewedge qui démontrent que c’est le fait même de la propriété et non l’aversion au risque qui explique l’effet de dotation.

The standard psychological explanation is that people are reluctant to relinquish the goods they own simply because they associate those goods with themselves and not because they expect relinquishing them to be especially painful (the ownership account).

Au-delà de l’explication psychologique, des explications plus sociologiques sont proposées. L’une d’elle utilise la typologie des schémas relationnels de Fiske : partage commun, relation hiérarchique, rapport paritaire et échange marchand pour montrer que les effets de dotation varient fortement du fait même de l’incommensurabilité des situations, de l’identité des échangeurs et de la valeur symbolique de l’échange (3). Voilà qui éloigne de l’argument quasi-rationnel de l’aversion au risque pour aller au plus profond de l’anthropologie.

Cet effet s’observe non seulement dans l’espèce humaine mais aussi chez les chimpanzés comme le démontre Sarah Brosnan (4)

We show the first evidence that chimpanzees do exhibit an endowment effect, by favoring items they just received more than their preferred items that could be acquired through exchange. Moreover, the effect is stronger for food than for less evolutionarily salient objects, perhaps because of historically greater risks associated with keeping a valuable item versus attempting to exchange it for another

Voilà qui conduit à s’interroger sur la source : une disposition génétique ou un défaut cognitif.  A l’aversion pour le risque s’oppose l’hypothèse d’un sens ancestral de la propriété, un résidu évolutionnaire. La seconde hypothèse est défendue par les éthologues qui observent que le sens de la propriété est aussi celui des grands singes dont les échanges répondent aussi à l’effet de dotation. Avant d’être un calcul de risque, la préférence pour la propriété est un trait sélectionné par l’évolution. Il n’y a aucune chance que les humains aient changé en quelques années dans leur propension au partage et à l’échange même si on remarquera qu’elle est plus grande que les autres primates. Les humains partagent plus facilement et les artéfacts du partage les y encourage. Le partage ne serait pas naturel mais culturel !
Il importe donc de mieux connaitre quels sont les facteurs qui le réduisent. Est-ce l’apprentissage ? la connaissance même du mécanismes par les échangeurs? La transformation des relations ? Des éléments d’architecture de marché ? Ce sont autant de piste de recherche, le point de départ restant que le sens du partage est moins immédiat que celui de la possession.
Pour s’en convaincre définitivement, il suffit de considérer le marché du co-voiturage. Dans une logique purement rationnelle, les possesseurs de voitures devraient la partager au coût marginal qui est proche de zéro : un passager de plus ne coûte pas vraiment plus d’essence ou de péage! Il peut d’ailleurs même être un gain quand le passager lui apporte sa compagnie ou simplement une estime de soi renforcée par le sentiment d’altruisme. Et pourtant le prix moyen est de 0.07 euro du km. Il n’est pas étonnant non plus que le décollage de Blablacar a coïncidé avec la mise en place d’une solution de paiement, ce fût le cas aussi de couchsurfing.com. Ce dispositif change la convention d’échange en lui donnant les couleurs du marché et c’est une hypothèse à prendre au sérieux, contribue sans doute à faire baisser l’importance de l’effet de dotation. Une étude récente sur Airbnb montre ainsi que les professionnels sont plus efficaces que les amateurs sur la plateformes car ils varient leurs prix plus volontiers en fonction de la demande que les amateurs dont les prix expriment non seulement leur rationalité économique mais aussi un sens ancestral de la propriété.
On conclura sur un dernier élément. L’économie collaborative peut être vertueuse dans la mesure où le design de ces plateformes réduit l’effet d’endowment. C’est une proposition d’autant plus importante que l’on connait son effet sur les biens publics puisqu’on prête bien moins de valeur aux services publics qu’à ceux qu’on obtient de nos possessions:
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Cet argument est que sans recourir à la fiction rousseauiste du partage naturel, les plateformes peuvent défendre l’idée d’une production de bien commun par une exploitation plus systématique des actifs  des particuliers rendue possible justement par  la capacité à effacer les effets du sentiment primitif de la propriété. Elles en feront la preuve en montrant que les prix pratiqués s’approchent du coût marginal du partage et que leur rémunération est inférieure aux inefficacités induites par les effets de dotations. Elles devront montrer qu’elles sont des institutions plus efficaces encore que le marché dans leur capacité à effacer le sens de la propriété.
(1) Kahneman, D., Knetsch, J., & Thaler, R. (1991). Anomalies: The endowment effect, loss aversion, and status quo bias. Journal of Economic Perspectives, 5(1), 193-206
(2) Carey K. Morewedge, Lisa L. Shu, Daniel T. Gilbert, Timothy D. Wilson, Bad riddance or good rubbish? Ownership and not loss aversion causes the endowment effect, Journal of Experimental Social Psychology, Volume 45, Issue 4, July 2009, Pages 947-951
(3) A Peter McGraw; Philip E Tetlock; Orie V Kristel  (20013) The limits of fungibility: Relational schemata and the value of thingsJournal of Consumer Research; Sep 2003; 30, 2; pg. 219
(4) Brosnan, Sarah F. et al.  (2007) “Endowment Effects in Chimpanzees“,  Current Biology , Volume 17 , Issue 19 , 1704 – 1707

 

Prospective, rétrospective, expectative.

538658731_4f54a24415_zLes rituels gardent toutes leurs forces, et aux abords de noël on n’échappera pas au jeu de la rétrospective et de la prospective. C’est ce moment précieux où l’on tente d’immobiliser le temps dans une sorte d’introspective pétrie d’expectatives!

C’est tout le paradoxe de ces rituels de fin d’année : se tourner vers le passé pour regarder demain, se replier dans le noyau familial, pour se projeter dans l’an qui va venir, répéter pour se régénérer. Si la répétition ne définit pas en soi le rituel, la répétitivité du rituel produit sans doute assez de réalité comme le remarque Dominique Casajus dans un beau texte sur les paradoxes du rituel.

Un officiant dinka, lorsqu’il récite les invocations précédant le sacrifice, brandit une lance sacrée. Ces lances, propriété de certaines familles de prêtres, ont un caractère sacré, une force, une efficacité rituelle, qui leur vient de toutes les invocations prononcées avec elles par des générations de prêtres. Voilà donc un cas où ce que produit la répétition du rituel ne se perd pas mais prend une réalité tangible, qui à son tour donne une qualité particulière à des gestes et des paroles rituels à venir.

Voilà qui nous encourage à participer à ce rituel de la rétrospectives et de la prospective, de l’introspective et de l’expectative, dont on retient ce vieux sens de droit religion qui se définit comme ce qui fonde une attente et laisse à espérer. Répétons avec tous cet exercice, et puisque Noël est ce rituel particulier qui célèbre la consommation, cette dépense répétée et excessive qui appelle le crédit, et de manière très sacrificielle détruit la valeur de ce qui est donné – il faut à ce sujet relire (Joel Waldfogel) ,en voici un exemple auquel nous avons participé avec joie.

Dans les 120 contributions rassemblées par Pierre Blanc , «Athling 2015 -La banque, reflet d’un monde en train de naître» c’est une prospective de la banque de détail qui est offerte par des non-banquiers, qui en les lisant n’échappent pas à la rétrospective. Un exercice rituel dont on espère qu’en dépit des répétitions s’y produise une sorte de réalité au moins pour adjurer le séisme des années 2007 dont nous ne sommes pas encore sortis, même si la promesse technologique laisse penser qu’un monde nouveau surgit.

Pour notre part, nous y annonçons ce qui ne demande pas un grand effort d’imagination, une banque sur le modèle de ce qui semble émerger comme une nouvelle forme d’organisation sociale qui affecte déjà significativement nos rituels de consommation : les plateformes. Nous aurons  et les mois à les semaines à venir, tout le loisir pour en développer l’argumentation dans un plein volume, et ce petit texte est au fond une forme de conjuration.

Crédit Photo : Thomas CloerGilbert et George

L’honnêteté, avant la confiance.

Un post lu par inadvertance, et que j’ai retenu dans mes « à-relire », relate le livre déjà ancien de Paul Seabright et soulève une question passionnante : même quand nous n’avons aucune raison de faire confiance, nous pouvons nous engager dans des échanges économiques risqués. Comme nous sommes devant l’étranger nous faisons foi à ce qu’il nous dit plus que nous nous méfions de ce qu’il va faire. Nous commerçons aisément avec des étrangers.

Interprétant rapidement cette proposition, on peut retenir l’idée que ce qui lubrifie les échanges sociaux n’est pas la confiance, mais l’ honnêteté. Nous sommes plus rarement convaincus de ce que les autres vont faire, et de leur bienveillance, que ce qu’il nous disent est vrai. La confiance n’est qu’un dérivé de cette croyance, nous pouvons en effet faire confiance pour d’autres raisons, notamment la possibilité de sanctionner celui qui a fait défaut.Ne soyons pas étonné de la proposition d’un Fukuyama qui voit dans la société américaine plus de confiance que dans les société latines, celles qui ont développées un système judiciaire fort, permettent à plus d’agents de faire valoir leur droit quand la confiance est rompue. Une société faite de liens forts en réduit les possibilités, le nombre de ceux auxquels on peut faire confiance est restreint dans les tribus, car la sanction ne peut être prononcée que dans le cercles restreint des conseils de famille. La rétorsion est en fait le concept central des théories de la confiance.

Mais face à l’étranger, cette option est inopérante. Il a un pays de refuge où nos règles ne s’exercent pas. La confiance ne dérive pas de la sanction, mais d’un a priori. Il dit vrai, il est honnête.

Le monde de l’internet où l’identité est approximative, les possibilités de rétorsions réduites, les tribunaux incertains, n’est à pas l’évidence pas un espace favorable à la confiance. La rétorsion y est impotente. Il ne reste que cette hypothèse d’honnêteté même si le cynique ne peut l’accepter. On accorde tant d’avanatges au mensonge, à la ruse, voire même à l’hypocrisie.

Et pourtant, nous n’hésitons pas à parler à des inconnus, ni même à engager des relations sentimentales, pire nous y achetons, nous y échangeons, nous partageons. Une hypothèse naturelle serait-donc que nous attribuons à autrui une vertu que nous n’avons pas forcément complètement, celle de l’honnêteté. Hypothèse d’autant plus étrange, que le mensonge semble une chose largement partagée.

Arrêtons nous un instant sur ses formes. D’abord le mensonge peut être délibéré : on fournit aisément dans les formulaires des numéros de téléphone erronés, des noms dans lesquels on glisse sans scrupule des erreurs de graphies, on ment sur son age, sa taille, on fournit des photos d’autres. Le mensonge peut être aussi simplement une omission. On ne dit pas tout, dans les listes de préférences on en indique qu’une partie. On se soustrait à la surveillance, effaçant périodiquement des centaines de cookies, ou nos historiques de consultation. Le mensonge est surtout souvent involontaire, il se fait dans ce que nous répondons dépend moins de ce que nous sommes que ce qu’on nous demande. Le fait est qu’entre les faux commentaires, les faux reportages, les fausses notices d’information, la fausseté des artistes de la communication, l’univers de l’internet semble être celui des faux semblants et des illusions, plus que cette galaxie d’information dans laquelle les masses d’information s’agrègent par la force d’une certaine gravité : celle de la vérité.

Et pourtant nous faisons confiance, sans possibilité de rétorsions. Nous prenons ce monde comme un monde sans biais, nous achetons, nous consommons. Nous agissons en croyant à la force de l’honnêteté. C’est le fait primaire, la confiance est un concept dérivé. De manière irrationnelle nous faisons l’hypothèse de l’honnêteté des inconnus. Nous nous en nous défions que si nous discernons chez eux, les signes de ce qu’ils nous mentent.

Ce mystère peut cependant être levé de deux manières. La première est de reprendre certaines thèses évolutionnistes. Les menteurs ont peu de chance de se reproduire, la sanction qu’on peut leur appliquer à défaut de toute autre rétorsion est de ne plus les croire. A la manière de pierre et le loup. Les menteurs ont peu de chance de se perpétuer, à force de mentir on ne les croit plus.

Mais on peut aller plus encore un peu loin, et reprendre la vieille théorie du handicap : pour signaler une qualité, on doit la prouver par un handicap. Le paon ne ment pas sur sa beauté, car sa roue en fait une proie visible. S’il se permet ce handicap, c’est qu’il possède vraiment cette qualité. Et l’avantage de reproduction qu’il en tire – être choisi par les faisanes – dépasse le coût d’être dévoré. Le paon est honnête, c’est le handicap de l’honnêteté qui lui donne un avantage.

La seconde manière de résoudre le mystère est que nous ne sommes pas des oies blanches, que menteurs nous sachons que les autres mentent. Mais nous savons qu’ils mentent comme nous ! Nous mentons partiellement. Et cela suffit pour développer une croyance particulière : celle de discerner chez les autres les éléments de leurs mensonges. Nous pourrions ainsi évoluer dans un environnement mensonger, et lui faire confiance, pour la simple raison que nous sommes persuadé de faire la part du bon de l’ivraie. C’est notamment l’objet des recherches de Joey George.

Les deux arguments se combinent sans difficulté. Dans un monde mensonger, parce que nous savons déceler le vrai du faux, ou simplement que nous en soyons persuadé, nous pouvons aisément croire que les Paon sont honnêtes. Les faisanes savent qu’ils disent vrai. Ils font de beaux oisillons. Si elle n’étaient pas persuadées de discerner le vrai du faux, une roue flamboyante d’une crête écarlate – ce ne sont pas des poules, cela ne vaudrait pas le coup pour les paons de risquer d’un coup d’éventail de dresser une cible à leurs prédateurs. Il suffit qu’elle croient que le paon dit vrai.

Dans un monde de mensonge, ce qui qui compte est finalement la capacité à croire discerner parmi les signes ceux qui sont vrais et ceux qui sont mensongers. Même si aucun signe ne dit le vrai, ceux qui sont mensongers seront testés. Les croyances erronées seront éliminées, et apprendre quels signes sont faux, en renforçant cette conviction de discerner le vrai du faux, renforcera l’idée que les autres sont honnêtes, et que fortement ils s’exprime, plus honnête ils sont.

L’hypothèse que la croyance en l’honnête des autres est le moteur de la croissance dans un univers mensongers est sans doute une des questions de recherche la plus pertinente pour comprendre la logique du monde digital.

Et si tout cela semble abstrait, revenons à un éléments concret : comment comprendre alors que 75% des gens pensent que les commentaires sur internet sont trompeurs, la même proportion en tient compte. Comment comprendre alors qu’on pense que les information sont fausses, nous les prenions en compte ? C’est parce que persuadé de discerner le mensonge de la sincérité, nous faisons l’hypothèse de l’honnêteté, que ceux qui disent vrai le manifeste au point de souffrir de profonds handicaps. Ces signes coûteux nous apprenant à discerner le vrai du faux, nous renforcent dans l’idée que ce que les autres disent est à priori vrai.

La confiance ainsi ne se nourri pas de foi mais de la pratique de l’ honnêteté. Et la preuve empirique, est que du marché du village à  e-bay, au fond les escroqueries sont rares. Les marchés ne fonctionnent pas par la confiance, mais par l’honnêteté de leurs acteurs, ou du moins d’une large majorité, et par la croyance qu’ils ont de reconnaitre l’honnêteté de leurs partenaires. Le monde est bon.

crédit photo : I appreciate honesty

La question du genre n’est pas qu’humaine, c’est celle des AVI!

Monsieur Bibendum III

Pas de miss cette année mais un sacré Bonhomme! C’est donc l’AVI du bonhomme Michelin qui aura remporté la 3ème année de Miss Client, ce concours de beauté et d’efficacité des agents virtuels, créé par Thierry Spencer et dont les étudiants du Master MOI forment le Jury avec l’aide du public.

Revenons aux origines, le bonhomme Michelin, autrefois Bibendum ou bibs, a été dessiné en 1898 par un dessinateur français O’Galop dont un film récent réalisé par son petit fils retrace les création. Évoluant avec la société et l’industrie automobile, redessiné et sans cesse au cours de plus d’un siècle. Que Virtuoz lui ai donné la parole n’est qu’une étape de plus dans la vie de la marque. Une manière encore plus incarnée de la faire vivre et de parler d’elle et de son histoire. La personnalité de la marque, avec sa bienveillance et sa crédibilité est à coup sur un facteur de confiance.

Et celà doit amener les concepteurs d’AVI à une réflexion sur l’attractivité des agents qui ne peut se résoudre à leur seule efficacité. Les personnages choisis non seulement doivent être séduisants graphiquement mais aussi chargé d’une personnalité dont le Bonhomme ne manque pas.

Ce résultat n’est pas très étonnant aussi pour d’autres raisons qui rejoignent d’une certaine manière des études de plus en plus nombreuses dans la sociologie et la psychologie de nos rapports avec les non-humains et en particulier avec les êtres artificiels dont les agents et les robots forment une population active dans nos sociétés. C’est un Toon qui gagne, ni homme ni femme, un avatar . Pas de sexe même s’il a sans doute sans doute une certaine masculinité. Dans ce rapport, les questions de genres ne sont pas indifférentes.
L’anthropomorphisme est un facteur clair d’attractivité, plus grande est l’incarnation et plus forte la séduction, il serait même indispensable pour établir une relation sociale avec des non-humains (1).  Mais cet anthropomorphism a une limite soulevée depuis longtemps par Masahiro Mori , celle de l’Uncanny Valley : quand les êtres artificiels sont trop similaires à l’humain, une terreur profonde surgit et provoque une répulsion totale – se voir à l’identique dans un être artificiel anéantirait notre estime de soi. On peut comprendre ainsi que les personnages figuratifs en évitant toute confusion avec l’humain puissent dans certaines circonstances être préférables.Le trop humain pose trop de problème.
Un second résultat est propre à la question du genre. Les stéréotypes de la féminité ont certainement poussé à croire que des personnages féminins étaient plus adaptés, et plus attractif que les personnages masculins qui  paraissent plus puissant (2). Ce n’est pas forcément un choix judicieux car il ne ferait que projeter audelà de la sphère humaine des rôles et des archétypes discutables. L’asexuation de notre bonhomme le fait échapper au genre.
Cette question du genre se réfère aussi à l’hypothèse de similarité : on serait plus attiré par un profil opposé : les hommes seraient plus attirés par des AVI feminins, les femmes par des personnages masculins (3). Cet effet de similarité est d’autant plus important que les utilisateurs sont peu impliqués, ce qui est notable quand on sait que l’usage des AVI vise à traiter essentiellement des questions routinières. Cette hypothèse cependant pose un sérieux problème : l’orientation de genre jouerait un rôle très important et un degré de complexité élevé : si le masculin est attiré par le féminin, que le genre se dissocie du sexe, on imagine le nombre de combinaison possibles !
Bref, le succès du bonhomme tiendrait à la fois à sa forte personnalité et à ce qu’ils se tiennent à la lisière de l’humanité, il en revêt les traits sans en adopter les complications. 
References
  1. Epley N, Akalis S, Waytz A, Cacioppo J. 2007 Creating Social Connection Through Inferential Reproduction: Loneliness and Perceived Agency in Gadgets, Gods, and Greyhounds. Psychological Science 
  2. Nunamaker Jr., Jay F., Douglas C. Derrick, Aaron C. Elkins, Judee K. Burgoon, and Mark W. Patton. 2011. “Embodied Conversational Agent–Based Kiosk for Automated Interviewing.” Journal Of Management Information Systems 28, no. 1: 17-48.
  3. Pentina, Iryna, and David G. Taylor. 2010. “Exploring source effects for online sales outcomes: the role of avatar-buyer similarity.” Journal Of Customer Behaviour 9, no. 2: 135-150. 
  4. Cheetham M, Suter P, Jäncke L. 2011. The human likeness dimension of the “uncanny valley hypothesis”: behavioral and functional MRI findings Frontiers Human Neuroscience. 2011;5:126. Epub 2011 Nov 24.

En prime


MICHELIN MAN’S BIRTH from novanima on Vimeo.

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Une culture des usages et l’usage des cultures.

La technologie est unique pour le monde. Nous utilisons les même PC, les mêmes tablettes, les mêmes serveurs, les mêmes antennes, les mêmes satellite, les mêmes câbles, les mêmes claviers, les mêmes souris, les mêmes écran tactiles et pourtant nos usages diffèrent.
En chaque endroit du monde les mêmes objets, ces intrus puissants, font l’objet de choix distincts et s’inscrive dans l’usage général d’une manière propre. Chacun cultive et accueille les technologies à sa manière. Le processus de l’appropriation conduit à des résultats différent de manière naturelle puisque chacun vit dans un environnement différent. Il peut être matériel, économique ou culturel.
Cet environnement est à caractériser, il n’est pas externe au sujet et en est plutôt la continuation. Il est un arrangement de choses et de gestes qui médie les groupes sociaux auxquels les sujets ont affaires. Il se constitue donc d’un ensemble de normes, de désirs, d’outils et d’habitudes. Les habitudes forgent les normes, les normes orientent les désirs, les outils les canalisent et les focalisent. Il est fait de possibles et des produits de l’imaginaire, d’une culture.
Ces déterminants culturels de la la technologies sont le plus souvent réduit aux 5 dimensions de Hofstede : incertitude, masculinité, rapport à l’autorité, individualisme, orientation temporelle. Mais moins que culturels ils décrivent des traits individuels qui peuvent être associés aux variables clés de l’adoption des technologies nouvelles : self-efficacicy, technological anxiety, utilité, facilité d’utilisation, jouabilité, présence sociale, synchronicité, … D’autres variables sont parfois employées : low context vs high context. Dans de tels modèles les cultures sont des essences qui conditionnent les actes. Plus la distance culturelle est grande et plus les différences le seront. Le multi-culturel détermine l’usage par nature.
Cette conception est discutable car l’approche substantialiste fait des traits culturels des éléments persistants alors qu’on peut y opposer une conception plus dynamique de la culture dans laquelle les objets culturels sont continuellement produits, diffusés, intégré et investi de valeurs prioritaires telles l’identité. Certaines monographies ou études quali laissent transparaitre la diversité d’usage qu’un tel processus est susceptible de produire, une approche anthropologique est nécessaire. 
Pour ne donner qu’un exemple, la manière dont on manipule et on parle au téléphone varie d’une zone à l’autre du monde. Si nous avons l’habitude en Europe de porter l’appareille à l’oreille, le micro vers la bouche, Au Bresil il n’est pas rare de voir les utilisateurs alterner la position de l’appareil entre l’oreille( et il est tenu perpendiculaire au plan d’écoute), puis à la bouche ( tenu comme un micro). Cette position rapple le protocole des radios ( plus utilisés dans le milieu agricole) et largement utilisé avec le réseau ( nextel): . La manière de manipuler l’appareil n’est pas la seule chose. Il y a aussi la personnalisation de la coque qui au moyen orient et en Asie peut se faire dans de petits ateliers qui avec des perles, des pierres et de la de la colle compose un habillage unique à la personne. On peut aussi examiner la manière dont le téléphone est transporté : à la ceinture en collier, dans une poche de veston, un sac, les stratégies de recharge etc.
La grille d’analyse culturelle des usages se déploie d’abord dans une histoire et une géographie : celle de l’environnement technologique ( dans le cas du brésil l’usage préexistant de la CB) et des sujets. Elle doit être d’abord attentive aux productions : ces gestes et ces habitudes spécifiques qui semble avoir diffusé dans le groupe culturel ( cette manière de porter l’appareil à l’oreille). 
La régularité de ces gestes peut ensuite être examinée du point de vue de leur association à d’autres gestes, d’autres objets ( casques ou écouteurs dont la floraison dans le métro parisien témogne d’une véritable mode), d’autres images (les porteurs d’oreillette ont toujours un air de personnel de sécurité). L’investissement enfin doit être au centre de l’attention : dans l’exemple de la décoration des coques il est non seulement affectifs ( ce sont d’autre doudou et colifichets) mais social dans la mesure où l’esthétique est largement codifiée et reproduite dans cette micro-institutions que sont les ateliers et qu’elle semble participer à cette culture Kawaii.
Voici donc pour le programme. Ne pas tant chercher des différences systématiques qui découleraient de certain traits de caractère culturels, mais en identifiant des pratiques singulières dans le processus de leur développement, montrer comment des fonctions génériques sont mises en pratiques différemment, et reçoivent parfois une signification spécifique. C’est quand cette signification, identitaire ou non, peut être observée que l’on saisira un phénomène culturel.

Un bazar à Guaruja

La plage est un bazar. La plage à Guaruja ( Brésil– SP) est un bazar, un marché du dimanche posé sur une langue de sable . En cette fin d’année, il y a foule sur la plage. L’Enseada court sur près de 6km, il y a foule constamment et à certains endroits, par la présence d’un kiosque et de ses parasols, sa densité est celle d’une rue piétonne à forte affluence. Elle s’y installe doucement à partir de 10h du matin et la quitte vers 17h. En ce jour du nouvel an, on peut penser que 600 000 personnes ont pris leurs quartiers sous un ciel mouvementé, les pluies du soir sont fréquentes même si la température n’est pas inférieure au 30°C. L’eau est à l’unisson et pourtant les surfeurs regrettent l’absence de vague dans cet air orageux.

Ce qui organise le bazar est l’usage que les brésiliens font de la plage. Quand une large part des européens s’allongent, s’exposant au soleil face après face, captant le moindre rayon, alternant les poses par des bains, lisant le journal ou un roman, les brésiliens installent un camp : des fauteuils de plage autour d’une table et sous un parasol. Des tribus de 10 à 15 personnes sont courantes, les familles reines couvrant au moins trois générations.
Et l’on boit de la bière glacée, qui reste au frais pour la journée dans une vaste glacière. Certaines ont la forme d’une boite de bière, le kitch est omniprésent. Les marques de bières triomphent sur la plage, en faisant un terrain d’affrontement symbolique et obstiné.
La plage est un bazar au sens précis de Geertz ce marché pétri de rituels, de socialité, de règles plus ou moins explicites, et souvent totalement implicites, accessibles uniquement par une relativement profonde socialisation. La plage brésilienne n’est pas une bordure presque sauvage du monde où l’on joue à Robinson, elle est un théâtre où l’on se fait voir et l’on regarde, une place publique où on se réunit en famille et en voisin, où on mange, on boit, on fume, et où on consomme. Où l’on s’installe avec le mobilier – les résidents des condominium avoisinant utilisent un des services originaux de la copropriété, chaque matin un garçon livre à la plage les sièges et parasols en poussant un grand chariot, et en fonction des besoins des résidents il amènera au coin ce qui est nécessaire.
La plage est un lieu d’observation privilégié de cette institution de marché particulière, le bazar, qui interroge le regards des chercheurs. On ira lire pour en avoir une idée l’excellent papier de nos collègues Benoît Demil et Xavier Lecocq .
Autour et entre les rassemblements de parasols, qu’ils soient ceux des kiosques ou ceux que les plagistes emportent avec eux en sus des sièges et de la glacière, s’insérant dans l’espace laissé par les premiers, une noria de marchands passent et repassent sous le cagnard ; des jeunes filles en t-shirt qui trainent des glacières de bière, d’eau et de soda ; le marchand d’Açai, cette pate énergétique qu’on accompagne de noix et de banane ; des garçons qui ravivent la braise d’un micro-brasero à grands mouvements circulaires, avant d’y griller une brochette de fromage – queijo coalho. Le vendeur de crevette. Les marchands de glace et leur glacière profilée, parasol au-dessus d’un frigo impeccable, jouent sur la plage l’histoire de la globalisation : Kibon d’Unilever s’affronte à Nestlé.
La spécialité locale subsiste , les marchand de « raspadinha », cette glace pilée qu’on aromatise par des sirops colorés – une vingtaine d’espèce, l’ancêtre des granités. Le froid est une grande bataille sur cette limite de l’espace. Une bataille de marques puissantes qui s’efforcent d’amener au consommateur un ice-cream, une bière bien glacée. Le lancement du jour, au coeur de l’été est l’Antartica Sub Zero (comme le commandant du roman de W. Vollman ?). Au fond l’exotisme des tropiques australes est celui du continent Antartique .
Si les ambulants portent la marque des leaders, la bataille se joue par le contrôle des kiosques qui ponctuent la plage tous les cent mètres, forment un quartier, régulent un tronçon de la grève, verticalisant les activités en organisant un aller retour incessant entre l’eau et la route, perpendiculaire aux déambulations des petits marchands qui vont parallèlement au rivage, sur le sable sec quand leur boutique se transporte à bras, ou confinés sur la zone de sable humide, assez ferme pour que les roues de leur charrettes ne s’enlisent pas.
Ce double mouvement irrigue les résidents à coup sûr avec cette régularité qu’il suffit de lever un bras pour se satisfaire ses choix . Il faut se sustenter. De nombreuses d’options sont disponibles. Il y a le Milho Verde traditionnel, du mais cuit à la vapeur, qui curieusement s’associe souvent à la vente d’eau de Coco, précieuse le jour des gueules de bois. Les commerçants les plus modestes vont à pied un sac d’arachide ou de noix de cajou sur l’épaule, circulant au plus près des plagistes glissant dans la main quelques graines pour déclencher la vente, souvent sans succès. Un marchand d’Acarajé circule à la lisière du sable sec. Et pour des faims plus conséquentes, le kiosque propose des assiettes de Lulas, D’iscas, les Patatas fritas, la Mandioca et des Misto et plus encore, Caipirinha, Ceverjas et refri.
L’univers marchand ne se résout pas à satisfaire des problèmes de bouche, de multiples vendeurs d’indulgences circulent avec leurs étals astucieux. Un vendeur de perles et colliers suspend sur un cadre ses breloques colorées. Un chariot chargé de robes, de chapeaux, de ballons, de tangas, oscille tiré à bras . Les vendeurs de lunettes de soleil ont accroché leur vitrine à un panneau.. Sans compter les bijou qui se portent à l’oreille ou sur la peau. Les rubans de fatima à nouer au poignet, milles sortes de tatouages vont et viennent, quelques camelots transportent des ambres solaires.
Et tout ce monde divague par centaines de milliers, la plage est une célébration de la consommation. Assis sur des tabourets, allongés sur les transat, sirotant des bières impeccablement fraiche, la coquetterie est d’avoir un isotherme pour sa propre bouteille, discuter avec ses amis sa famille, rire aux éclats, regarder les ventres sans complexe des femmes, piquant au passage des forains des petits plaisirs. Une graine à croquer, un glaçon à sucer, une verrerie à discuter. L’expérience de la plage forge aussi le ballet des marchands.
Le marché ne s’arrête pas là, à cette ronde bien ordonnées des marchand autour des camps de baigneurs. Le résident de la plage peut partir à l’aventure et c’est un autre marché. Les jets ski célèbrent ce goût très brésilien pour les sports mécaniques, des manèges de plage tirent des saucisses flottantes, ou des soucoupes de caoutchouc. Le surf est évidemment populaire. Et l’on vends des bouées aux enfants, des leçons de surf, un massage. Ici et là, une montgolfière, du beach volley, un air de samba, le futebol… On se ballade une bière à la main, on se trempe, on roule dans les rouleaux, des gaivotas font de grands cercles dans le ciel économisant leurs mouvements. Une clique d’urubus survole la colline, une charogne sans doute y git Des cyclistes slaloment entre les baigneurs. L’école de surf entre à l’eau.
Et nous ne voyons pas les petits voleurs, ils arrivent que certains soient armés. L’immense bazar de la plage qui s’étend sur des km, est naturellement surveillé. Les gardes-vies (guarda vida), pour traduire littéralement, surveillent l’immensité de la foule, solitaires et assis sur une chaise haute, tout les deux ou trois cents mètres, postés près des baïnes où le courant peut être féroce. Un hélicoptère de la police militaire passe au ralenti à peine 20 mètres au-dessus des flots et des nageurs, plusieurs fois par jour. Mais les veilleurs de la plage sont les kiosques que nous n’avons pas encore décrits assez précisément. Des paillottes fort bien équipées d’un bar et d’une cuisine, d’où parfois un bon son arrose l’arpent qu’elles maitrisent, elles qui s’abritent sous les palmiers de la promenade. Elles sont les points d’appuis des ambulants, certains offrent des douches, et le goût de chacun fait la différence et le nom. Des noms simples : Lua do sol, Bar da garota. ..
Le marché se constitue lentement le matin à partir de 8 heures où l’on rencontre essentiellement des promeneurs qui marchent avant la pleine ardeur et l’installation les tables et des parasols. La mise en place s’étale jusqu’à midi où la foule est déjà largement installée. Vers 16 heures les kiosques replient doucement le matériel dans la remise, se réduisant à de petit bars aux abords de la promenade. Chaque jour l’ordre du marché se reconstitue. Les emplacements sont fixés, le flux régulé, et le rythme identique. Des pas lent qui sillonnent un espaces délimités qu’aucun fanion finalement ne marque. Un univers fluide, presque liquide, autant que la houle qui bât le sable presque noir.
La règle s’est sans doute formée dans l’occupation de l’espace, sa segmentation ( sable sec/ sable mou ; la succession des kiosques ; les emplacements de droits et ceux de la force) mais aussi par une régulation de la municipalité, les ambulants portent tous un élément qui testifie de leur droit à œuvrer là. Les éboueurs ont des gilets fluo, discret la journée ils travaillent la nuit pour charger sur les camions des dizaines de sacs d’ordure produits par chaque section de la plage, déjà libérée par les recycleurs d’aluminium et de PVC.
Le bazar est bien ordonné. D’abord autour d’une pratique particulière de la plage : celle d’un lieu de consommation, ensuite par une hiérarchie des marchands qui se conclue dans une occupation déterminée de l’espace, mais aussi par des techniques. Certaines astucieuse comme cette pompe à aspirer le sable qu’on utilise pour planter sans effort le pied des parasol, d’autres triviales tels que de faire se déguiser les vendeurs de bonbons en personnage de dessins animés avec des peluches élimées.
Une véritable écologie qui fait cohabiter des populations variées vivant l’une de l’autre dans un rapport qui n’est pas que celui du marché mais celui de commensaux. On épouille, on épie, on se complète, on s’associe, on se domine. Et sur ce ruban uniforme qui coure d’une pointe à l’autre de la anse, l’espace se différencie avec une précision de quelques mètres dans un ordre qu’aucun géomètre ou urbaniste n’aurait pu définir.
Si le bazar est bien ordonné, l’étrange est qu’il n’est pas forcément totalement piloté, une organisation émergente, dont la stabilité tient aussi à celle de ses acteurs. Jours après jour si les visiteurs changent de visages, ceux qui parcourent la plage sont les mêmes. Et l’on les voit échanger aux hasards de leurs déambulation. L’écologie économique est aussi un tissu social ordonné par les rituels de la consommation et de l’ostentation.
Le point culminant sera le réveillon du nouvel an et son rituel central, des offrandes à Yemanja. Sept vagues sautées dans une pluie d’embruns, des roses jetées à la mer ou mieux encore versés dans de petite barque de polystyrène au nom de la reine des mers, de cette orisha inquiétante et rassurante. Une mère vierge qui exerce un attrait particulier sur les beaux garçon. L’ostentation est qu’au moment des offrandes une compétition folle de feux feux éclatent dans tous les coins de la rade, célébrant le prestige d’un hôtel, la puissance d’une famille en sa villas, la hardiesse d’une bande d’adolescent. Au fond c’est l’espace que crée le rite et qui définit les frontières du marché.