Recherche sur internet : une question de méthode

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Les 19 et 20 Janvier le Congrès Marketing Trends se tenait à Venise et c’était aussi l’occasion de présenter une communication un peu ancienne mais auxquelles les évolutions de l’internet redonne un intérêt. L’objet de l’étude porte sur les stratégie de recherche  sur internet.

Les données ont été collectées en 2007 sous la forme de capture d’écran vidéo des recherches motivée par quatre tâche par sujet. Une piste son enregistre les commentaires du sujet au cours de l’exécution de la tâche. L’analyse des séquences d’action, notamment en calculant les probabilités d’effectuer une action en fonction de la précédentes permet de mettre en évidence une double boucle d’apprentissage.

Si la boucle essai-erreur est la plus fréquente, et n’aboutit pas, une autre méthode peut être utilisée. La recherche d’information est donc structuré par un flot de deux types d’évaluation et de décision : les résultats d’une recherche menée avec une certaine méthode, les méthodes elles-mêmes.

Par méthode c’est l’usage de google et les choix de mots clés, ou celui d’une application spécifique, par exemple si la tâche est de trouver un itinéraire, l’emploi de mappy constitue la méthode. Si google search est à l’évidence la méthode utilisée la plus fréquemment et la plus généraliste, des moteurs alternatifs peuvent être employée pour recherche un objet spécifiques. Un livre sera plus simple à trouver sur google books, une image dans Flickr, une actualité dans twitter.

Les méthodes de recherche tendent à se diversifier et à se spécialisées. Et c’est bien là où cette recherche en proposant une méthode d’étude originale est encore d’actualité. Nous sommes dans le monde des apps, ces programmes dédiés à des tâche spécifique, que l’on collectionne sur son écran. Ici le choix de la méthode est un choix d’application. Le problème pour le consommateur est alors celui de la composition de sa collection d’apps et de l’accès dans les Appstores.

Le texte :

Au fil du feed : paper.li

Paper.li débarque en France, et semble largement se diffuser si j’en crois ma time-line. 
Paper.li est une simplicité déconcertante. C’est un journal, une page et une adresse composée comme la Une de nos quotidien, mais nourrie par l’es informations indexées le jour précédent par la horde de ceux qu’on suit sur twitter. Pour créer ce journal, il suffit de donner son login. Quelques minute d’analyse et la page est publiée. Efficace et beau. A ce jour la version est minimale, on ne peut paramétrer les comptes. Choisir un modèle d’édition, donner des priorité. L’engin fonctionne seul. Il envoie chaque jour l’édition du jour.
Quel engin dérrière qui décode les twits, séparant les hashatag, réponses, RT, et ramène à la surface les contenus des adresses raccourcies, et les distribue entre des catégories, leurs alloue une place et compose la page? Nous sommes curieux de le savoir, plus encore d’une version qui pourra permettre d’agir sur ce paramétrages, donnant plus d’importance à certaines sources, favorisant certains mots clés.
Cette couche superposée sur la couche des conversation de twiter remplit un double rôle de filtre et de mise en valeur. Le fil twitter que l’on ne peut raisonnablement suivre s’il l’on a plus de 200 à 500 suivants, pour nourrir convenablement notre appétit d’information doit être retraité. Filtrer d’une part pour éliminer les scories, brouillons, redondance, mais aussi classer hierarchiser et marquer ces différence par une capacité d’attraction de l’attention plus forte. C’est exactement ce que fait paper.li et que d’autres services font vraisemblablement.
On comprend du même coup le rôle de twitter, celui de nourrir le fil de nos information, non seulement par l’alimentation – ce qui est deja bien fait quand notre sélection de sources est avisée, mais aussi la digestion. C’est le rôle d’applications et de services comme paper.li. Les applications sont évidentes : la veille, qui peut ainsi être mieux distribuée, le compagnon d’un blog, les revues de presse. Répondre à la nécessité d’arrêter le temps dans un espace, de saisir le stream dans son ensemble.
Sans doute le prototype d’une évolution des plateforme qui associe crowdsourcing, personnalisation, filtrage auto-contrôlé et collaboratif, mashup ( car c’en est un), visualisation et design.C’est un produit d’une start-ip suisse, smallrivers.com  localisée au sur le campus du Swiss Institute of Technology EPFL. Une idée européenne.
La leçon est claire : le nouveau monde du digital n’est plus un problème de production de contenu, il n’est plus un problème de recherche du contenu, il est encore un problème de mise en relation des producteurs de contenus, il devient de plus en plus un problème de filtrage du contenu. Cette avanture apporte l’idée d’une solution, avec l’élégance de reprendre les code d’une vieille institution : celle de la presse.

A lire aussi 

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    Un troupeau de livres pour de rares bergers

    Le livre ne vit qu’en troupeau, que ce soit dans les bergeries des bibliothèques ou sur les alpages de l’âme (je parle naturellement d’une sorte de mouton sauvage).

    A l’heure où le livre électronique va prend son élan, il serait sans doute bon de se poser la question de qui lit et comment.

    Dans la profusion des discussions et commentaires à propos du livre électronique, si l’on parle des éditeurs et des nécessaires changements de modèle économique, un peu moins des auteurs, beaucoup de cet objet-livre comme l’on célèbre un fétiche, le lecteur est oublié plus encore que sa lecture et ses lieux. Il est une belle histoire de la lecture.
    Et ce lecteur est rare. Les enquêtes existent, celle du ministère de la culture ou du la CNDL donnent quelques indications. En s’appuyant sur ces indications 85% des livres sont lus par moins de 25% de la population et sans doute les 10 % qui ont achetés 12 livres et plus dans l’année représentent 80% des ventes.
    On comprend le pari de Apple : la tablette n’est pas faite pour le livre, ou incidemment, dans la mesure où ce paysage doit être nuancé par le niveau d’éducation. Les grands lecteurs sont cadres, ont un bac+5 et sont plutôt des femmes.  Ce sont aussi les acheteurs de la tablette. L’argile des babylonien n’était pas un média de masse. Et si la tablette voyait ses prix se réduire, par une stratégie classique d’écrémage, on l’utilisera bien plus pour jouer et s’informer au quotidien que pour lire.Les révolutions souvent se limitent au palais.
    Inutile donc de mettre en concurrence les Kindle, Nook et autre liseuses de Sony. Ces objets s’adressent à un petit marché, celui des lecteurs fréquents. Et ces lecteurs ont de particulier que si le livre est un objet unique , il ne prend sens que dans une bibliothèque déjà richement dotée. Ils sont les bergers d’un petit troupeau.
    Ils ne se contentent pas de lire en silence ( souvenez vous que cette lecture est une pratique somme toute récentes), ils lisent en résonnance. Ils ne lisent pas forcement du début à la fin (il n’y a que les policiers que l’ont lis du début à la fin), mais dans tous les sens, ils annotent, ils encochent, ils cornent. Ils ne lisent pas seuls, ils échangent, se nourrissent de compte-rendu, de critiques, en parlent à leurs amis. La lecture est sociale.Elle pourrait devenir pornographique aussi.
    Si l’on veut vraiment connaître ce marché sans doute vaudrait-il mieux étudier les superlecteurs que les otaries et les phoques assoupis sur les plages. Leurs 3 thrillers de l’été seront leur lecture de l’année. Ils oublierons les volumes dans leurs chambre d’hôtel qui iront peupler la bibliothèque du centre de vacances. Ces lecteurs forment un marché qui reste considérable, les 30 titres les plus vendus représentent 8 000 000 d’unités vendues annuellement, ou 5% du chiffre d’affaires de l’édition (les 1000 premier 20%), sur 450 millions d’exemplaires. 520 000 références ont été vendues au moins une fois et 60 000 nouveautés et rééditions sont publiées chaque année.
    Les super-lecteurs, ceux qui achètent plus de 30 ou quarante livres par an, en lisent le double, sont finalement peu connus. Ces boulimiques peuvent l’être par profession, universitaire ou journaliste, ou par passion. Gageons qu’ils venèrent moins l’objet que la bibliothèque. Une partie d’entre eux sont ces lecteurs de revues scientifiques qui progressivement prennent l’habitude d’aller dans ces bases documentaires géantes telles que ebsco, Elsevier, Scopus, thomson content currents sans compter les ArXviv… en voici un témoignage. Des milliers de revues, des millions d’articles rassemblés en bases qu’on annote, qui fournissent des références, que l’on peut échanger, classer, accumuler. Un rêve labyrinthique, borguesien.
    Les lecteurs ne lisent pas que des livres, les lecteurs professionnels d’ailleurs abandonnent les livres qui n’ont plus de valeur, ils lisent des revues, parfois la presse, le livre ne se limite pas au divertissement littéraire, il est ce moyen d’acquérir une connaissance qui grandit chaque jour aussi vite qu’elle fond.  Le livre change de forme. Comme l’album se réduit au morceau, les livres se réduisent à la nouvelle, à l’article. Mais le lecteur survit, le grand lecteur continue de lire, son addiction est telle qu’il exige moins l’accès au livre qu’à la bibliothèque.
    Le marché des liseuses, est un marché de clés. Qui va ouvrir les portes aux nouvelles tours de Babel?

    A lire aussi ici

    Le grand livre de l’internet

    et ailleurs (surtout) :  Read/Write Book sous la Direction de marin Dacos

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    Espace client – l’espace oublié

    Ils sont déjà là, et ressemblent plus au local associatif qu’à de véritables boutiques. Des garages bricolés dont on imagine que bientôt ils seront des salons sophistiqués. Les espaces clients méritent plus d’intérêt qu’on leur prête. Plus et moins. Ils sont sans doute trop à les projeter en 3D dans ces mondes artificiels que fréquentent les joueurs, mais peu d’internautes. Ils sont sans doute trop peu à en examiner la réalité actuelle, toutes les firmes en proposent une version.

    Et pourtant les espaces clients présentent des caractères assez remarquables. Le premier d’entre eux est dans le concept même : des boutiques sur-mesure, des espaces privatifs, construits à l’intérieur même de l’espace des sites web. Dans le domaine marchand on a rarement connu ce type d’expérience, les loges au théâtre ou au stade, les salons privés de certains restaurants (allez-voir donc voir les restaurants chinois – les vrais !).

    Il faut souligner l’importance de ce fait : imagine-t-on disposer chez son banquier d’un bureau où l’on peut inviter son conseiller? Imagine-t-on que chaque boutique soit construite aux désidérata de ses clients ? C’est à cela que correspond l’espace client. Un salon personnel qu’il use à la mesure de ses besoins. L’intime en est l’essence. Un espace que l’on contrôle, qui nous est réservé. Il manque naturellement à la plupart des espaces clients la possibilité d’être personnalisé. On ne peut encore y amener ses fleurs et ses tableaux, et aucun à ma connaissance ne permet d’y faire entrer des invités.

    L’original du dispositif est à la hauteur de son ignorance et de sa généralité. A l’heure où les réseaux sociaux préoccupent les acteurs, nous sommes étonnés que la plus grande innovation commerciale du net fasse l’objet d’aussi peu d’intérêt.

    Et pourtant. Toutes les entreprises ont créé ces espaces. L’intuition des managers est plus forte que les théories. Tous croient qu’il est indispensables de construire pour ses clients des boutiques personnelles où ils peuvent exercer leur faculté de contrôle, éprouver une certaine autonomie, gérer un monde au-dedans d’un monde plus vaste.

    Soyons très clair, le véritable enjeu d’un commerce numérique n’est pas dans les réseaux sociaux, mais dans la capacité à fournir de tels espaces, le consommateur majeur ne cherche pas à partager mais à s’approprier sa consommation. Et ces espaces en sont un des moyens privilégiés. Ils sont le lieu où se négocie la relation, celui où se règle la consommation, cet espace où l’on contrôle nos relations commerciales.

    Son accès, sa gestion, son appropriation, posent des questions fondamentales. Dès lors qu’on prend conscience de leur généralité et de leur importance, nous pouvons comprendre aisément qu’ils sont cette chose qui fait la matière de la relation. Les espaces clients sont à la relation ce que la chambre est à l’amour.

    Il serait triste de ne pas y penser.

    Un marketing de la simplicité

    Tel est mon devoir du moment. Bientôt un débat pour la Web TV de Orange Business Services, et un papier à faire avec notre ami Laurent Florès. Le marketing de la simplicité en est l’énoncé. Voici un sujet qui n’est pas simple ! Car le simple ne se saisit pas de manière aussi évidente qu’on espérait.

    Le simple est ce qui varie de l’idiotie à l’évidence d’une compréhension immédiate. Le simple est avant tout une économie, une économie de pensée et de sentiment – le simple est heureux et ça lui suffit. Le simple c’est de n’user quand la tâche se présente, que ce dont on dispose sans faire d’excessifs efforts. Autant dire que le simple n’est pas un absolu, mais un relatif radical. Il n’y a pas d’originalité dans le concept. Le bon vieux modèle TAM, maintenant infiniment ressassé, en exprime l’essentiel : ce qui compte c’est la facilité d’utilisation et cette facilité d’utilisation c’est le simple. La réduction radicale des efforts nécessaires pour user d’un bien ou d’un service. C’est bien ce principe que poursuivent avec succès Apple ou Nintendo.

    Soyons plus nuancé, le simple est la réduction de tout effort supplémentaire au regard de ce que l’on est en mesure de faire. L’économie est celle de l’effort additionnel. L’ambiguïté est que le simple se définit par rapport aux ressources dont on dispose et dans la vie, l’inégalité étant bien dominante, le simple est une affaire bien compliquée. Faire simple c’est donc trouver une solution qui fasse qu’en dépit des différences de ressources, chacun ne se sente pas la nécessité d’y engager plus qu’il ne possède. Alors faisons minimal, mais ce minimal peut heurter ceux qui sont dotés de talents, le simple pourrait devenir idiot, indigent, simpliste. Je ne connais pas de DJ qui se contentent d’un simple variateur de volume, ou de pilotes qui renoncent au passage des vitesses.

    Mais le simple est aussi affaire de morale. Il s’oppose à l’ambition, à la perversité, au dispendieux, il est cette éthique qui parfois devient ascétique. Le simple est une modestie, cette règle qui impose que la qualité ne doit pas se dire, et parfois ne même pas s’affirmer. Le simple marche nu-pied quitte à passer pour un rustre. Bien plus que moral, le simple est politique, et dans son dépouillement il délégitime ceux qui font de leurs ors les symboles de la puissance.

    Les produits simples ne sont pas toujours ceux qui nous suffisent, mais ceux que l’on consomme pour contester à d’autres une certaine hégémonie. Le marketing de la simplicité peut aussi être la morale de Port-Royal. Un renoncement à l’amour d’ici bas pour l’improbable éblouissement de l’au-delà. Le simple peut dissimuler des intentions tortueuses, et son économie fonde une radicale contestation. Le simple fonde dans sa pauvreté une alternative au discours de la souveraineté. Mais le simple peut être aussi un fou. N’est-ce pas cette sorte de stratégie que poursuit Innocent?

    Le simple enfin est une esthétique. Ce minimalisme abstrait qui s’oppose aux désirs baroques, un monisme qui répond au panthéisme ambiant, un naturel qui défie l’artifice, cette idée que le monde peut se réduire à un principe si profond, qu’il est l’essence du monde comme un trait est l’essence de la peinture. Le simple, oui, est aussi un essentialisme. Au pire le rasoir d’Occam. Un classicisme qui épure le corps de ses rides, de ses fronces, de ses bijoux, de ses fards. Bref l’esthétique galbée des années 70 contre les floraisons des années 60, l’épure de Mondrian qui balaie les fauvismes, je laisse aux amateurs d’arts le soin de poursuivre.

    Le simple donc n’est pas si simple, moins qu’une vertu, il est une position politique. Et si certains militent pour un marketing de la simplicité, encourageons-les à en comprendre les raisons du succès. En cette fin de la troisième globalisation, et de son troisième effondrement, on comprend que les foules sont prêtes à lyncher leurs dirigeants, ne se reconnaissent plus dans le désordre du monde, et veulent rappeler que les simples ce sont elles.

    Le marketing de la simplicité n’est pas une vérité, mais un moment. Un appel de consommateurs désemparés, dominés, écrasés, à ce que les maîtres leur produisent des objets qui leurs conviennent. Des objets qu’ils puissent utiliser, des objets qui les reconnaissent, des objets qui leur disent qu’ils ne sont plus les victimes de la bagarres des dieux, mais des hommes et des femmes qui vivent sans ambitions plus grandes que celle de parcourir leurs vallées et de boire librement l’eau de leur ruisseaux.

    Comprenons bien ce message, la simplicité qui semble être demandée n’est pas une économie, n’est pas un ascétisme, ni un minimalisme. Elle est juste d’obtenir ce que l’on croit être juste d’obtenir.

    Réalité augmentée – les toilettes sauvages!

    Il y a beaucoup à dire sur le sujet de la réalité augmentée. D’abord qu’il ne suffit pas d’incruster des images façonnées dans l’illusion du réel que l’esthétique de la vidéo semble suggérer. Relisons Baudrillard, il s’agit moins de réalité que de simulacre.

    Quand certains s’extasient devant la technique, ne regardons que l’art qui s’exprime par la technique. Pour ma part, je désespérais des publicitaires, ils en est quelques-uns qui au delà de la technique font de l’art et savent communiquer. Je ne sais s’ils ont eu en tête la pissotière de Duchamps, mais ils reprennent à coup sûr cette extension du street art dans le domaine de l’animation (dans le genre je conseille le travail de BLU).

    Disons de manière définitive que la réalité augmentée est au fond moins une question de technologie, qu’une affaire d’esthétique et de sémiotique, une affaire de langage. Nous discuterons plus tard du fait technique que la réalité augmentée est aussi une affaire de déréalisation de l’image par le fait même qu’elle permet d’en segmenter la vision.

    En attendant apprécions ce très joli message de protection. Bravo à l’agence Tbwa.

    Question de grid – de l’électricité à la finance

    On évoque depuis longtemps des smart grids qui sont amenées à révolutionner l’industrie de l’énergie en disposant sur le réseau des dispositifs de traitement de l’information, comme des compteurs intelligents, qui permettent aux appareils connectés de s’ajuster aux conditions techniques et économiques du réseau et de l’environnement proche. On imagine les cellules photovoltaïques dialoguer avec le compteur général pour « pricer » une projection de revente au moment où les propriétaires seront absents et auront activé un plan minimal de consommation. Pour établir le deal il est nécessaire que l’agenda de nos gentils propriétaires, les prévisions météo, le système de maintenance des panneaux solaires et le réseau de transports de l’électricité se soient mis d’accord sur un volume et un prix.

    On en attend une réduction de la consommation de l’ordre de 20 à 30%, un lissage de la demande qui réduisent les points et les ruptures, ainsi que les coûts pour les consommateurs. C’est le secteur de l’énergie électrique qui est au centre de la lentille d’observation. Réduire les pics, remplir les heures creuses, mais servir aussi l’énergie quand elle est souhaitée, par un système qui n’est certainement pas planifié, mais qui n’est pas tout à fait un marché, plutôt une manière organique de s’ajuster aux variations. Cette approche de grille intelligente, résumée dans la faculté des nœuds à prévoir l’état de leurs correspondants, l’absence de lieux de coordination centrale, et une infrastructure informationnelle point à point, est ainsi sensée optimiser la production et la consommation électrique.

    Un tel système au fond s’applique potentiellement à tous les réseaux qui convoient une matière mais simultanément peuvent rendre compte de l’état de la production, du transport et de la consommation de cette dernière. Un double flux, et une cybernétique généralisée. La finance personnelle en est sans doute un des champs d’applications les plus intéressants.

    Un des réseaux les plus remarquables est le réseau de Western Union qui associe les terres d’émigrations à celles d’immigrations, contrebalançant le flux des populations par un flux de redistribution des richesses. Je ne suis pas sûr que le partageable soit équitable, mais les dispositifs d’échanges semblent instructifs. Ces flux d’ailleurs empruntent de plus en plus la voie de l’internet et des télécoms : le transfert d’argent par mobile est un des services les plus en vogue.

    Ces flux répondent à d’autres instructions financières dont on a l’habitude. Et certains dans le domaine innovent réellement, un projet tel que friend clear qui tente d’opérer dans un domaine vaste mais obscur des prêts et avances entre proches, celui qui ailleurs se retrouve dans la traditions des tontines, en est un bel exemple. Sans compter le twitter des dépenses, Blippy qui est sans doute l’embryon des systèmes futurs de publication de l’information.

    Dans tous les cas ce qui apparaît évident est que l’argent est comme l’électricité, moins une contrainte, un ascèse ou une économie, que le lubrifiant des activités à accomplir qui ne peuvent se satisfaire de manque de liquidité. Dans un tel système, l’extrême demande peut faire venir de grands risques. Etêter les crêtes de risque pour assurer un financement constant et raisonnable des activités semble un objectif raisonnable : celui de mener de manière fluide et sûre vers les demandeurs un flux de financement suffisant, dont le volume faible n’est pas forcement satisfait par les institutions centrales. Ce n’est pas pour rien que le micro-crédit est apparu.

    Les marchés financiers n’ont pas produit cette grille intelligente et modérée. Bien au contraire ils ont démontré leur capacité à se constituer en bulles qui explosent sans qu’on soit en mesure de deviner les carnages. On ne supprimera pas la finance, et l’intéressant est de découvrir d’autres canaux d’intermédiation plus efficace, moins dans la valeur espérée que la faculté d’adoucir tous les risques, en assurant la livraison de cette énergie de l’entreprise qu’est l’argent.

    Dans tous les cas, électricité ou monnaie, à l’heure où l’internet non seulement devient mobile, mais concerne de plus en plus les objets, il va devenir utile de s’interroger sur ces nouvelles formes de régulation de l’économie qui échappent à l’institution et au marché, à la planification et à la centralisation des flux. Une forme organique, locale, auto-organisée, des échanges économiques qui de plus en plus ne pourront plus être analysés dans le forme simple de l’échange d’un bien contre de l’argent, mais d’un échange accompagné de sa publication, d’une production d’information qui en assurera le contrôle.

    Google trending : le marketing est-il en train de mourir?

    M’exerçant à quelques Google trending afin de compléter un article sur le rôle institutionnel des technologies de l’information, je découvre quelques tendances surprenantes même si peu étonnantes.

    La première interrogation concernait l’évolution des préoccupations en matière de CRM (en bleu). Avec un peu de surprise on constate une décroissance relative des recherches sur le sujet, et en même moment un accroissement de l’offre. L’intérêt s’est tourné ailleurs vers le Web 2.0 (en jaune), mais même pour ce thème un relatif désintérêt est observable. Le vrai sujet est celui des médias sociaux (en rouge). C’est ce que l’on recherche, et c’est ce dont on parle. Dans ces données, on ne trouve qu’une confirmation de ce que l’on savait plus ou moins.

    Approfondissons l’analyse et testons cette idée que le client a pris le dessus sur le consommateur. Les deux mots marquant deux modèles de pensée : le marketing s’est intéressé essentiellement à la figure du consommateur (bleu) alors que le CRM fait du client (rouge) son obsession. Nous nous attendons donc à ce que ces deux thèmes fassent l’objet d’un intérêt décroissant, cette décroissance étant moindre pour la figure du client. Et ce n’est pas le cas. Le client est un objet de recherche croissant, est-il encore un grand inconnu?

    Pour le moins, car soyons prudent ces statistiques sont lexicales et ne sont pas sémantiques (vivement que Google améliore ses analyses et nous donne plus de contrôle sur la production des statistiques ! – au passage notons que nous prenons la plus longue période possible sur l’ensemble des domaines, privilégiant ainsi l’usage de l’anglais), ce n’est peut être pas plus un changement d’objet qu’un changement de vocabulaire qui s’opère.

    C’est cette remarque qui nous conduit à tester une autre comparaison. La définition classique du marketing est bien cet ensemble d’activités destiné à satisfaire les attentes du consommateur. Quelques préoccupations récentes portent sur la question du bonheur. Pourquoi ne pas comparer ces deux termes (le bonheur en rouge et la satisfaction en bleu), et tant qu’à faire inclure cette idée au centre du CRM et de la relation, celle de la fidélité (jaune). Les résultats sont éloquents, le bonheur est l’objet de toutes les recherches et la satisfaction est de moins en moins un sujet de préoccupation. La fidélité semble stagner.
    Mais comme dans les graphiques précédents l’offre s’accroit pour tous les paramètres.

    Il est bien difficile d’interpréter ces données qui reflètent d’une part le volume relatif des requêtes, et d’autre part celui des news. On peut comprendre que le désintérêt pour le marketing et la satisfaction résultent d’une victoire, ces notions sont désormais acquises et ne présentent plus aucun mystère. Mais en même temps, on ne peut que s’interroger pour cette préoccupation croissante pour la question du bonheur qui marque au fond l’échec du marketing.

    La corrélant à cette appétence pour le fantasme des médias sociaux, on est obligé de se poser d’abord la question de la mort du marketing, par son incapacité à résoudre au sein de ses paradigmes transactionnel et relationnel, l’aspiration et des firmes, et de leurs récipiendaires, et ensuite celle du véritable enjeu de la consommation, une activité sociale qui vise moins à satisfaire des besoins plus ou moins bien classifiés, qu’à produire dans le rapport à l’autre, cette chose à laquelle depuis les grecs, bouddha et quelques autres, nous pensons sans relâche, une idée du bien qui apporte le bonheur plus que la satisfaction.

    C’est peut-être chez Shopenhauer que nous pourrons ressusciter le marketing.

    Sur les touches du qwerty


    Les technologies, définitivement, se se limitent pas à des arrangements matériels qui associant l’eau et le feu, l’électron et la mécanique, produisent des objets qui nous sont utiles.

    C’est autour d’une technologie, les touches du clavier, que l’économie de la connaissance s’est développée au sens propre, puisque le clavier est l’interface essentielle de l’industrie de l’écriture, de l’édition et de sa renaissance informatique, mais aussi cet objet qui a permis de penser une part de l’économie de l’information, et d’établir le standard comme un objet essentiel de l’économie. Le texte de Paul A. David, ‘Understanding the Economics of QWERTY: the Necessity of History’, in W. N. Parker (ed.), Economic History and the Modern Economist
    (1986) en étant une clé essentielle.

    Un commentaire de Robert Schiff que nous découvrons en éclaire la génèse, et souligne un point de méthode essentielle : la micro-histoire, l’histoire locale au sens de Foucauld, éclaire l’importance de la contingence. Une autre rencontre sur ce clavier, une note poétique de Cécile Portier.

    Voilà qui invite à faire une collection d’objets. Si chaque histoire est unique, en ce qu’elle est irrversible, elles se croisent, militant pour que la bonne méthode pour les étudier s’appuie sur la mécanique du hasard et de l’indépendance, multipliant les possibles. La grande histoire c’est que des millions de contingences se percutent, et curieusement se hiérarchisent, se structurent, se configurent en mouvements plus réguliers.