Je signe pour les communs

17418854304_4de243a5c1_zIl est rare que des pétition soient positives. En voici une qui soutient une initiative du gouvernement, celle de faire entrer dans le droit le principe des communs, sur la base des travaux de concertation du Conseil national du numérique. Pour en savoir plus il suffira de lire Favorisons la libre diffusion de la culture et des savoirs, paru dans le Monde d’hier et pour signer c’est ici.

Parmi les nombreuses raisons qui doivent motiver ce soutien, une première très pratique concerne l’ensemble de notre profession universitaire : alors qu’une grande partie de la recherche est produite par des fonds public, le système de la course aux étoiles orchestrée par les multinationale de l’édition s’est accaparée cette ressource. Non seulement ce que nous publions, notre travail, n’est payé que par le fruit de leurs algorithmes : les indices de réputation, mais nous devons de plus en plus fréquemment payer pour partager avec nos collègues, nos amis, nos étudiants, le droit de publier dans nos blogs, nos réseaux sociaux et les nouvelles plateformes sociales universitaire telles que Research Gates ou Academia. L’open acces est devenu un business. Il est temps de mettre fin à cette dérive, et dans des conditions honorables pour le travail d’édition ( l’embargo), pouvoir donner un accès ouvert à l’ensemble du public, des résultats d’une recherche publique. Signons pour que cette loi fixe le droit à l’open access.

Une autre raison tient dans ce que le principe des communs pourrait enfin s’inscrire dans le droit. Un principe qui suppose le renoncement à une propriété exclusive sur certains bien ( programmes informatiques, données, textes, images, air ou eau) au bénéfice d’une humanité qui ne se définit pas simplement comme collectivité, mais comme l’affirmation d’une solidarité à travers l’espace et le temps de cette collectivité. Pourrions-nous vivre dans un monde où l’on interdise simplement le fait de dénombrer le nombre d’oiseaux migrateurs dans le ciel, pour la raison que ces oiseaux eussent-été brevetés, et que l’information qu’ils portent appartient au dépositaire du brevet? Remplacez les oiseaux par les champs de mais, et vous comprendrez aisément que c’est s’interdire toute recherche sur l’environnement, sans les communs il n’y aurait aucune connaissance possible.

La loi ne sera pas parfaite, elle contiendra cependant, si nous la soutenons, les germes juridiques qui permettrons de limiter les excès de l’appropriation, que dis-je, de l’accaparement, au seul profit de ceux qui dispose du capital nécessaire. La propriété n’est pas toujours le vol, elle induit parfois une responsabilité et permet l’échange et le marché qui a démontré ses vertus pour le bien de l’humanité. Il y a des choses que l’on ne peut que donner ( la vie), et d’autres qu’on doit garder. La propriété est toujours limitée.

C’est pourquoi, entre autres raisons, je signe pour les communs.

MAJ : Le 26 septembre le projet de loi est présenté sous la forme d’une plateforme participative. Une bonne chose dont on trouvera dans Atlantico mon analyse du processus et de ses enjeux.

crédit photo : parce que c’est bientôt la saison des Palombes et qu’on gardera une pensée pour tout les migrants.

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