Qu’est-ce que la méthode?

Parler de méthode, c’est parler d’une ambiguïté. La méthode se présente sous un double visage : un ensemble de règles qui contraignent la pensée sans en affecter la substance, des techniques qui permettent de confronter la théorie au champ empirique. Une manière de penser, un lien de la pensée au réel.

Du premier point de vue, donnons l’exemple de la dialectique. Cette manière de penser qui confronte à une proposition intiale une proposition contradictoire, et fait de la confrontation des deux thèses l’instrument pour concevoir un dépassement, une synthèse qui unifie le discordant et l’opposé. Peu importe le contenu des thèses, il importe que leur contestation mutuelle impose la construction d’une perspective synthétique. De ce même point de vue, on considéra l’individualisme méthodologique qui impose un schema de raisonnement considérant l’action individuelle d’abord, puis son agrégation, pour comprendre les mouvements sociaux. Dans chaque cas l’aspect méthodique revient à s’appuyer sur un motif premier et une structuration du problème. l’aboutissement d’un côté, l’effet pervers de l’autre.
Du second point de vue on pensera à l’économétrie, à la psychométrie, à l’ensemble de techniques qui permettent d’associer l’observé à des structures logiques, soit dans le sens de la déduction (ce qui revient le plus souvent à comparer un modèle théorique à la réalité) ou dans celui de l’induction qui fait de la techniques le moyen de filtrer l’image de la réalité (induction). Dans les deux cas il s’agit d’établir un rapport de vérité entre le domaine du réel et celui de la pensée.
Ces deux grandes acceptions de la méthodes ne sont finalement pas opposées. Elles se complètent et apparaissent finalement comme deux versants d’un même objet. La pensée. Elle conditionne la cohérence interne et externe. La méthode serait l’ordre de la pensée. Ce qui assure dans la forme, mais non dans la substance, la véracité d’une idée.
La méthode est ce qui relie l’imaginaire à la réalité. L’imaginaire en ce que la théorie est le fruit de spéculations, même si elles sont contraintes par des propositions antérieures, une structure logique, et des paradigmes. En ce sens la méthode est un fruit de l’imaginaire, de notre capacité à former des éléments abstraits, des catégories qui nous permettent de penser le monde. La réalité non en tant que chose que l’on pourrait contempler dans la plénitude ontologique du vrai, mais en tant que chose qu’on ne capte que par le regard. Si la réalité est, elle échappe à l’observation et ne vit qu’au travers du phénomène.

Nous n’épuisons pas l’idée de méthode en affirmant qu’elle est ce qui assure aux idées un ordre interne et une correspondance externe. Dans l’idée de méthode il y a la discipline de la procédure. La bonne procédure est celle qui produit les mêmes résultats, sans les mêmes conditions. La procédure de pensée, permet de penser, que chacun, pourvu des mêmes catégories, puissent converger vers le même concept. La procédure est la garantie que l’on puisse transmettre une manière de penser à d’autres, sans qu’ils aient à examiner les tréfonds de notre âme. Par la procédure, la méthode objectivise ce qui pourrait être soupçonné de subjectivisme.
La méthode peut mieux être comprise comme un ensemble cohérent de trois éléments :
  • 1) un mode de pensée, une théorie
  • 2) un mode de recueil de l’information
  • 3) une loi de correspondance
Quelques exemples :
  • analyse conjointe : cette méthode se fonde sur une théorie de l’addidivité des utilités ou dumoins de leur décompositions, la valeur d’une option est la some de la valeur de chacune de ses caractéristiques. En les identifiants et en déterminant leurs niveaux pertinents on peu générer des plans d’expérience qui isole les effets des caractéristiques de l’option et en employant des méthodes de regression sur les préférences appropriées, il devient possible de calculer l’utilité relative de chacune des caractéristiques et donc la valeur totale de chaque option possible. Cette méthode presente l’avantage de n’avoir à recueillir que la préférences pour l’une ou l’autre des options, de rendre compte des préférences indivudelles et de leur dispersion.
  • analyse des rendements anormaux : son fondement est la théorie de l’efficience des marchés qui lui permet de s’expimer sous la forme très simple de Rit=beta*Rmt+e, et de supposer que chaque information nouvelle est prise en compte immediatement par le marché. En s’appuyant sur la base de séries chronologiques (des cours boursiers) et des indices significatifs (CAC), il est possible par un modèle de regression, d’estimer les paramètre dans une période de référence et de les simuler pour les périodes succédant à l’événement. En comparant le cours observé après l’évenement et le rendement anticipé sur la base de l’histoire avant l’événement, il est possible de détecter, moyennant les test appropriés, un rendement anormal et significatif qui correspond à l’ccroissement de valeur occasionné par l’événement. Celui si peut être l’annonce d’un lancement de produit, une acquisition, un changement de règle comptable.
Le méthodologue exerce ainsi un art particulier interprétation des théories, de connaissance des systèmes de représentation du réel, et d’identification de structures logiques qui permettent la mise en correspondance de la théorie et de la réalité telle qu’elle peut être représentée.